Alors voici le dernier extrait de mon roman. Après cela je ne posterai plus que des commentaires ou des images dans mes articles;
Merci à ceux qui ont suivi ce blog. Prochaine étape: Terminer les deux derniers chapitres, compléter l'épilogue avant une relecture complète, une dernière correction et ensuite je contacte les maisons d'édition.
Les soldats qui patrouillaient autour de nous étaient nerveux, ils marchaient prudamment en silence et pointaient leurs fusils laser dans toutes les directions. Bien qu'ils aient leurs armes sophistiquées je ne me sentais pas en sécurité. J'étais tellement nerveux et préoccupé que j'oubliai de regarder où je mettais les pieds. Je trébuchai sur une racine qui émergeait du sol et je tombai vers l'avant. En voulant me retenir, mon père me fit accidentellement faire une pirouette et toutes mes affaires se dispersèrent autour de moi alors que je tombais. J'eus la nette impression que quelque chose allait se passer à ce moment-là. A présent j'étais devenu le centre d'intérêt de toute la troupe. J'entendis les voix confuses et surprises des soldats et je vis le visage de mon père se crisper. Miky prit un air accablé et recouvrit sa bouche avec ses mains, les yeux écarquillés. Ma besace roula sur le sol et Tos Naba se retrouva à découvert, sur le dos, confuse par cette soudaine agitation. J'étais tombé à plat ventre et mes mains avaient claqué violemment sur le sol froid et boueux. Je fus pris d'un vertige, pendant un instant je n'entendais plus ce qu'il se passait autour de moi, comme si j'avais été pris d'une surdité passagère. Tous les sons paraissaient lointains et confus. En relevant la tête, je m'aperçus que les peaux de bête qui dissimulaient mes bottes s'étaient détachées et en trébuchant j'avais accidentellement arraché une des peaux qui recouvraient celles de mon père. Hermann s'approcha, l'air confus. Il ne sembla d'abord pas comprendre ce qu'il s'était passé lorsqu'il m'aida à me relever. Mais au moment où j'étais à nouveau debout, il fronça les sourcils et pointa son arme dans ma direction. Je remarquai alors que mes bottes et celles de mon père n'étaient plus cachées et que leurs médaillons de quartz clignotaient d'une lueur rouge rubis. C'était fichu, à cause de moi et ma maladresse, tout le monde allait savoir que mon père était un soldat. Nous allions avoir de gros ennuis. Papa s'empressa de remettre en place la fourrure qui s'était détachée de sa botte et je restai tétanisé devant le soldat.
- Mais, qu'est-ce que ça veut dire ? D'où tenez-vous ces bottes ? Demanda Hermann, l'air ébété.
Mon c½ur s'embala, qu'allai-je bien pouvoir répondre ? Que je les avais trouvées dans la forêt ? Personne ne croirait ça. A peine avai-je ouvert la bouche pour dire quelque chose que j'entendis des chuchotements étranges et effrayants dans les fourrées. Ils furent suivis de bruissements furtifs, comme si quelque chose bougeait rapidement derrière. Je détournai mon regard un instant et un liquide chaud vint éclabousser ma joue. Hermann, qui se trouvait devant moi, avait disparu. Il ne restait de lui que son casque et son arme qui venaient de tomber lourdement sur le sol. Lorsque je passai ma main sur ma joue, je me rendis compte qu'elle était pleine de sang. Je voulus hurler mais j'en étais incapable. Je me tournai alors vers mon père, le souffle coupé et les yeux écarquillés. J'avais le visage à moitié recouvert de sang. Papa sursauta. Il prit ma tête entre ses mains et se mit à la recherche d'une blessure sur mon visage ensanglanté. Qu'était-il arrivé ? Où était passé Hermann ? Des regards accusateurs et remplis de questions se tournèrent vers moi.
- C'est pas moi, je n'ai rien fait, il... il était là, devant moi et... il a disparu, je vous jure, j'ai rien fait. Dis-je d'un air choqué.
Je repensai à ce que nous avait raconté Skaz. Etait-ce les mêmes créatures qui avaient attaqué son escouade lorsque nous l'avions retrouvé ? S'apercevant que je n'avais rien, papa me serra contre lui en soupirant. Un autre soldat s'approcha de nous.
- Où est Hermann ? Demanda-t-il.
« Niutah » entendis-je chuchotter. Un autre bruissement rapide se fit entendre derrière un buisson. La seconde d'après le soldat disparut derrière un talus dans un cri bref qui se transforma en gargouillis indescriptible couvert par un grognement grave et sinistre. Une immense gerbe de sang vint s'abattre au milieu du chemin, attirant l'attention des soldats qui n'avaient pas encore pris conscience de la disparition de deux de leurs équipiers.
Une autre voix grave sinistre suivie d'un bruissement rapide derrière les fougères se fit à nouveau entendre. Cette fois-ci, un soldat tomba à terre, la tête arrachée jusqu'à mi-thorax sous les yeux de Miky. Elle poussa un cri strident qui alerta toute la troupe. Les soldats furent pris de hoquets d'effroi en voyant la dépouille de leur collègue qui convulsait encore et dispersait des flots de sang autour d'elle.
Extrait du chapitre 26 - Les Gardiens
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