Après avoir relu et finalisé le début de mon roman je m'attaque à la partie la plus intéressante: l'arrivée de Mathis et de sa famille sur la planète inconnue.
J'avais zappé une partie très importante dans ce chapitre lors de mon premier jet d'écriture et même de la relecture de l'année dernière: La découverte de la nature. j'ai consacré 5 nouvelles pages de texte réparties un peu partout dans ce chapitre pour décrire avec un regard neuf les odeurs, les sensations nouvelles et aussi accentuer les relations entre les personnages, en effet, Mathis semblait un peu détaché de ses parents et notamment de sa mère dans mon récit; J'ai donc joué sur les mots pour établir une relation plus fusionnelle entre eux et établi une certaine distance entre le père et son fils mais néanmoins idéaliser leur relation pour la rendre plus crédible.
Mathis voyant plus souvent sa mère que son père ça m'a paru normal de tiser des liens affectifs plus complices avec sa mère et plus idéalisés avec son père qu'il ne voit jamais.
Bref, dans cette partie de l'histoire on plonge dans le rapprochement et la solidarité instinctive dans la détresse.
J'ai aussi développé des points que je ne faisais que survoler au début.
Voici un petit extrait, j'attends vos commentaires:
[...] Un grincement strident me réveilla. Nous avions atterri, ou plutôt, nous nous étions écrasés. Il y avait une forte odeur de plastique brûlé et une fumée légère et acide flottait dans l'habitacle. Papa était à moitié couché sur le tableau de bord. Il était inconscient mais n'avait pas l'air sérieusement blessé. Jiunan reprenait lentement ses esprits en toussant. Miky était toujours évanouie. Elle saignait du nez. Clora respirait profondément, la bouche grande ouverte et la tête en arrière. Maman aussi était encore inconsciente. Elle tenait ma main. Moi je saignais d'une oreille, j'avais dû me cogner violemment la tête dans le crash. Soudain j'entendis un claquement puissant. Du gaz pressurisé jaillit du plafond et envahit le cockpit. Tout le monde reprit conscience en poussant des cris plaintifs. Papa se redressa, maman se réveilla. Miky se mit à tousser et Clora plissa les yeux et ferma la bouche en grimaçant. La fumée à l'intérieur du cockpit avait mis le système anti-incendie en marche. Tout le monde sortit du Starfighter et s'écroula sur le sol en toussant violemment. Quand mes mains touchèrent le sol de cette planète pour la première fois, une sensation bizarre m'envahit. Je pouvais en saisir une poignée et le sentir filer entre mes doigts. Il était humide et laissait une forte odeur étrangement fraîche sur mes mains. C'était comme un tapis à la fois mou et ferme. Je me relevai péniblement et titubai en regardant ce sol étrange. C'était la première fois que je marchai sur autre chose que du béton ou de l'acier. Je tournai mon regard dans toutes les directions. Une épaisse fumée grise nous entourait. Je n'y voyais pas grand-chose. Il y avait des flammes un peu partout autour de nous. L'air était chargé de fumée, je toussais. Je sentis quelqu'un s'appuyer sur mon épaule. C'était papa. Je me tournai vers lui et me jetai dans ses bras. Il me serra contre lui en sanglotant. Il avait eu très peur que l'un de nous soit tué dans le crash mais par chance, nous étions tous encore en vie.
Au bout d'un moment, la fumée commença à se disperser et je pus distinguer une partie de l'endroit où nous nous étions écrasés. Je m'éloignai de quelques mètres du Starfighter. Tout était vert et il y avait des arbres partout autour de nous. De vrais arbres ! J'eus un geste de recul et un bref moment de panique. Nous n'avions pas le droit d'être ici, c'était comme se retrouver en plein milieu d'un super dôme sur Galiléo. Nous risquions de nous faire abattre par des gardiens si nous restions ici. Mais je me ressaisis en repensant à ce que nous avions traversé. Ça ne pouvait pas être un super dôme, nous n'étions pas sur Terre. Nous étions au beau milieu d'une authentique forêt. Etait-ce encore un de mes rêves ? En tournant mon regard vers le Starfighter, je réalisai que c'était bien réel. Il était presque entièrement carbonisé et avait laissé derrière lui un énorme sillon de flammes de plusieurs centaines de mètres de long. Il n'avait plus du tout sa belle allure invincible telle que je l'avais vu sur Galiléo. Ce n'était plus qu'un tas de ferraille. J'avançai d'un pas vacillant vers un arbre qui était à quelques mètres de moi. Je posai ma main sur l'écorce et laissai glisser mes doigts le long des crevasses irrégulières. C'était la première fois que je touchais du bois. C'était à la fois tendre et solide au toucher avec une sensation granuleuse au bout des doigts. J'avais la paume de la main et le bout des doigts recouverts d'une fine poussière verte laissée par l'écorce. Je fermai les yeux et reniflai discrètement l'odeur de cette douce poussière. Un bruit sourd dans le ciel détourna mon attention. Des boules de feu traversaient l'atmosphère, telles des fusées éclairantes qui semblaient se désintégrer au bout de quelques instants, laissant derrière elles des traînées de fumée sinueuses. Il s'agissait certainement de capsules d'évacuation du VS-Prométhéus qui étaient entrées dans l'atmosphère avec un mauvais angle d'approche et n'avaient pas résisté à la densité de l'air. Un vent frais transportait une très légère odeur de bois, de métal et de plastique brûlés. Je sentis ma gorge se nouer. Mes yeux se remplirent de larmes. Maman vint près de moi.
- Mathis, tu n'as rien ? Me dit-elle.
Mon visage se crispa. Je me tournai vers elle et je pleurai dans ses bras. Tout ce qui venait de nous arriver était invraisemblable. Je ne savais pas pourquoi je pleurais, si c'était le chagrin d'avoir tout perdu, la terreur après ce qui nous était arrivé ou simplement le bonheur d'être encore en vie. J'avais vécu trop de catastrophes en même temps, trop de questions étaient sans réponses dans mon esprit et je ne comprenais pas ce qu'il se passait, il fallait que je pleure. Je ne savais pas ce que nous allions devenir maintenant que nous étions là mais j'espérais que quelqu'un allait venir à notre secours. [...]
Copyright 2009 Hervé Boccardo - Kall Ergano, le tombeau des âmes égarées Chap. 3
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